[Back to blog #3] Le Sablé d’Aymard

Le Sablé d’Aymard, qu’est-ce que c’est ?

C’est un jeu feel good sur la thématique des souvenirs d’enfance. Pas d’intrigue, pas d’action… juste une tranche de vie et les souvenirs d’une enfance idéale comme le décrit l’auteure.

Il y a deux mois de cela, Papy est mort d’un cancer du pancréas. L’enterrement est passé depuis un moment maintenant, il est temps d’avancer : Mamie va déménager dans un appartement plus pratique et vendre la vieille maison pleine de souvenirs. Elle a besoin d’aide pour trier ceux-ci avant de s’en aller.

C’est là que la Bande entre en scène : 5 cousin.e.s qui étaient uni.e.s comme les doigts de la main. Enfants, les membres de la Bande s’inventaient des aventures fantastiques, durant lesquelles leurs doudous respectifs les aidaient de leurs pouvoirs magiques.

Rite de passage hors de l’enfance : ils ont un jour enterré une capsule temporelle contenant vieux souvenirs, dessins et…. Les cinq doudous.

Aujourd’hui c’est leur dernière chance de la déterrer, de respirer une bouffée d’enfance, de se remémorer ces aventures passées, de faire un bilan de ce qu’iels sont devenu.e.s….

Pourquoi y suis-je allé ?

Je vous parlais il y a quelques mois d’un challenge d’écriture auquel j’ai participé sur le thème des doudous. Un des résultats de celui-ci est le jeu « Le Sablé d’Aymard » écrit pour l’occasion par Saki Jones (à qui on doit également des jeux comme « Connectés » ou « Oracle« ).

C’est avec beaucoup d’impatience que j’attendais de pouvoir jouer à sa première édition. Quand une recherche de personnes pour participer à une première session a été lancée, j’ai évidemment sauté sur l’occasion !

C’était aussi l’occasion d’une petite bulle de bonheur avant les souterrains humides du jeu « L’Abri » qui survient quelques semaines plus tard.

Avant le jeu

C’est en toute discrétion que Saki espère pouvoir proposer une séance de son jeu sur son profil Facebook. Elle a finalement droit à une avalanche de messages d’intérêt pour participer à son jeu. Rapidement, le sujet est clos et les 10 premières personnes à s’être manifestées sont contactées pour participer aux deux premières sessions. Ouf ! Je suis dedans.

Une première répartition des rôles se fait via échange de mails avec l’organisation. Les 5 personnages sont présentés et chaque joueur réalise un classement de ceux qui lui plaisent le plus. Ces présentations ne décrivent que sommairement l’enfance de chaque adulte. Sur base de cette sélection, l’organisation attribue à chacun un rôle. Chaque personne reçoit un contexte et une fiche de personnage… à trous ! En effet, la majorité des éléments sont à compléter et la fiche ne contient finalement rien de plus qu’une introduction et un canevas reprenant différentes situations pour lesquelles le joueur doit positionner son personnage. 10-15 minutes suffisent pour compléter la fiche et déjà on peut s’imprégner du rôle. C’est la première fois que j’ai affaire à cet outil mais je l’aime beaucoup.

Le jour J, Saki nous accueille chez elle pour le jeu et laisse un petit temps pour permettre à tout le monde de faire connaissance. Je rencontre avec plaisir de nouvelles têtes. Super, encore des rencontres !

Les ateliers

Environ deux heures d’ateliers sont prévues pour préparer le jeu. Ces ateliers se déroulent en quatre parties.

Première partie : on fixe les bases. Chaque personne remplit l’arbre généalogique et choisi sur un dessin à qui appartient chaque doudou.

La deuxième partie consiste en un speed-dating entre les personnages. Nous disposons de séances de 7 minutes, en duo, pour répondre à des questions concernant les relations qu’entretiennent nos personnages.

La troisième partie est ma favorite : la séance de hot seat. Le concept est simple et souvent utilisé dans ce genre de jeux pour aider les joueurs à creuser la perception qu’ils ont de leurs personnages. Chacun son tour, les participants s’asseyent sur une chaise au centre du demi-cercle formé par les participants restants. Ces derniers posent des questions en tous genres sur le personnage. Quel est le dernier film qu’il a adoré aller voir au cinéma ? Comment vit-il la relation avec son père ? …

Dernière partie, on s’essaye à la mécanique de jeu destinée à jouer les souvenirs d’enfance. Le système est simple : quand les personnages découvrent des dessins, ils sont irrémédiablement attirés par eux et décident, quoi qu’il arrive, de s’asseoir et d’inventer collectivement un souvenir sur base des dessins. Ces souvenirs sont vécus à travers les yeux des doudous, véritables héros de l’histoire.

Les ateliers sont très ludiques et les deux heures passent à une vitesse folle. Chacun semble s’amuser et nous nous réjouissons de passer au jeu.

Time in !

Le jeu commence par une scène d’introduction. Nous revivons le moment où nous avons décidé de nous séparer de nos doudous pour les mettre dans une capsule temporelle. C’est à priori la seule scène que nous allons vivre directement dans nos corps d’enfants. Bafouillages, inquiétudes et rêves d’enfants. « Dans 30 ans, on sera tellement vieux ! » s’exclame une joueuse. La séparation n’est pas simple, surtout avec un esprit aussi irrationnel que celui d’un enfant, mais nous savons toutes et tous comment se finira cette scène d’introduction. Les doudous seront enfermés dans la capsule temporelle.

Une fois la première pièce passée, nous commençons la phase adulte. L’arrivée dans la maison est jouée de manière un peu froide, peu naturelle, mais c’est souvent le cas des départs des jeux de format court. Rapidement, la complicité s’installe et une première pile de dessins est trouvée. Chacun sait ce qu’il a à faire, un cercle se forme et l’aventure commence ! Premier voyage en terres de mémoire réussi.

Le jeu se poursuit en alternant entre séances de conte, découverte d’objets d’enfance et discussions avec mamy. Il ne faut évidemment pas oublier le goûter accompagné de ses fameux sablés. La mise en scène joue également sur notre ouïe, puisque différents sons en lien avec notre enfance sont également diffusés de manière régulière. Petit à petit, le groupe se construit sa bulle onirique, l’appartement disparaît pour devenir une vieille bicoque, Saki prend cinquante ans pour gagner le statut de grand-mère et les sablés de grand-père sont la meilleure chose qu’on puisse manger.

Mais l’heure de la fin du jeu approche. Notre club des cinq d’un jour se rend dans le jardin pour déterrer la capsule temporelle et retrouve enfin ses doudous. Puis, c’est tout en douceur que la petite troupe atterrit et que le jeu se clôture.

Time out !

« On est bien là, non ? ». Cette phrase suffit à elle seule pour résumer l’esprit dans lequel est le groupe après cette petite expédition en enfance. Les sourires sont sur toutes les lèvres et les adultes semblent avoir bien du mal à se séparer de leurs doudous. Nous prenons un moment pour échanges nos ressentis sur cette expérience et faire un retour à chaud à Saki sur cette première édition. Une réflexion sort du lot : « Cela fait du bien ce petit jeu feel good dans l’actualité GN parsemée de jeux aux thématiques lourdes. » C’est en effet une des spécificités de la plupart des jeux de Saki : ils cajolent l’âme.

Mon expérience en deux mots

Une très belle tranche de vie entourée d’une belle équipe de grands enfants. Un peu courte à mon goût mais c’est un choix de design. Une véritable bouffée d’air frais qu’on apprécie prendre de temps en temps. Le pari du bien-être n’est pas souvent fait par les organisateurs de jeux en Belgique et c’est donc toujours un grand plaisir de retrouver ce genre de productions. Et si on commençait à se faire du bien ?

Photos de Saki Jones utilisées avec son aimable autorisation.

Laisser un commentaire