[Création #2] Le GN comme outil de formation à la CNV

Je suis actuellement une formation pour être formateur (cela ne s’invente pas) en éducation permanente. Dans le cadre de cette formation, les formateurs (cela va vite créer des redondances) m’ont demandé d’animer un module sur la communication non violente (CNV) en utilisant le GN comme outil.

Contraintes d’animation :

  • Aborder la thématique de la communication non violente.
  • Proposer des situations non scriptées, dans lesquelles les formateurs sont amenés à improviser sur le moment.
  • L’exercice doit être source d’apprentissage et de réflexion pour l’ensemble des participants.
  • Expérimenter le jeu de rôles comme technique d’animation.

Les contraintes matérielles :

  • Participants : 12 participants.
  • Temps : 1h00 briefing, jeu et débriefing compris.
  • Lieu : Une pièce.

Déroulement du jeu

La mécanique est assez simple : un rôle est distribué à chaque participant. Au travers de 4 actes d’une dizaine de minutes, les joueurs seront amenés à être sur le devant de la scène ou jouer les figurants. Quatre d’entre eux seront amenés à endosser le rôle de formateur le temps d’un acte.

Les personnages qui seront sur le devant de la scène initieront une situation de conflit qui éclate. Le formateur sera quant à lui amené à trouver une solution pour résoudre cette situation. Le reste des « figurants » nourriront la scène avec leurs réactions tout en faisant attention à laisser un maximum de place aux personnages principaux.

Pour corser l’exercice, j’ai également fait le choix de mettre deux situations de conflit « passives ». Celles-ci se déroulent tout au long des scènes. Un participant qui est le sujet de moqueries du groupe et deux participants qui s’invectivent régulièrement sans jamais être grossiers ou violents de prime abord. Les formateurs auront le choix de relever et solutionner la situation ou de laisser aller.

Le débriefing

Le débriefing commence de manière assez classique par rapport à ce que l’on peut trouver en GN. Les premières étapes sont liées à la sécurité émotionnelle des joueurs. Je leur demande de retirer leurs étiquettes avec les noms de leurs personnages (on retire le costume, on sort du rôle, on marque la transition), je leur demande si tout le monde va bien et leur propose une pause optionnelle pour souffler cinq minutes durant laquelle je me tiens à leur disposition. Sur base de la situation, j’ai fait le choix de ne pas aller plus loin sur la partie sécurité émotionnelle. Si nécessaire, l’article de Baptiste Caze sur les 5 questions à poser en débriefing reste une bonne base de travail.

Avant de commencer le débriefing à proprement parler, j’émets une règle essentielle : faire la différenciation entre le personnage et la personne.

Mon personnage s’est emporté sur ton personnage, j’ai senti la pression monter !

Je guide ensuite le groupe dans son débriefing. J’invite d’abord chaque personne ayant joué un des quatre formateurs à parler de son ressenti, expliquer ce qu’elle a essayé de mettre en place pour résoudre la situation de conflit et éventuellement ce qu’elle aurait dû faire maintenant qu’elle a du recul sur la scène. Vient ensuite le tour des personnes qui jouaient les rôles principaux dans la même scène. Elles décrivent quelles étaient les attentes de leurs personnages et pourquoi la solution proposée par le formateur leur a convenu ou pas. Une fois les sources de conflit révélées, le groupe peut émettre des solutions appropriées. Quand la scène débriefée, on peut passer au débriefing de la scène suivante.

Une fois chaque scène passée en revue, le groupe revient sur son ressenti global, les moments qui ont marqué chacun, la forme de l’animation,… Plusieurs points intéressants reviennent. Pour les personnes ayant joué les formateurs, la force de l’animation résidait dans la mise en situation et l’improvisation nécessaire sur le moment. Le facteur stress et la nécessité de trouver une solution tout en devant continuer à gérer l’ensemble du groupe sont bien présents. Pas le temps de s’arrêter pour trouver une solution, il faut agir. Les participants ayant joué des personnages en situation de conflit ont quant à eux pu exprimer leur ressenti de ne pas toujours être écoutés/entendus. Il y avait un besoin derrière le conflit que le formateur n’a soit pas toujours perçu, soit celui-ci n’a pas communiqué sur cette compréhension.

Tout au long du débriefing, on consigne les réflexions, solutions et outils dans un rapport que l’on transmet ensuite aux participants. Le formateur revient vers le groupe avec quelques astuces pour gérer ce genre de situation. Un participant soulève une remarque :

On peut rencontrer, dans les groupes, autant de situations de conflit que de personnes. Quel est alors l’intérêt de nous faire jouer des situations fictives que nous ne rencontrerons probablement jamais telles quelles ?

La réponse du groupe a été qu’il était intéressant de se constituer une sorte de réserve mentale de situations, d’expériences, dans laquelle aller puiser pour pouvoir trouver plus facilement des solutions sur le moment même. Le choix du GN comme format d’exercice se prêtant évidemment parfaitement à cet objectif puisque chaque jeu est différent du précédent.

La fiche animation

Afin de vous aider à mieux appréhender ce retour et vous servir éventuellement de base de travail pour votre propre animation, je mets à votre disposition la fiche d’animation. Si vous souhaitez l’utiliser dans le cadre de l’une de vos formations, pensez à créditer ses auteurs originaux. N’hésitez pas à me faire un retour de votre expérience si vous en avez l’occasion !

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