[Interview #2] Franchir le cap de l’international

Introduction

Depuis quelques années, les Belges sont de plus en plus nombreux à passer outre les frontières nationales pour aller jouer à l’international. Un cap pas toujours facile comme l’atteste le faible nombre de larp-trotters. Alors, qu’est-ce qui motive ces aventuriers et aventurières à se lancer dans cette expédition ? Quels sont les périples à surmonter pour vivres cette expérience et qu’en retire-t-on ? Pour le savoir, j’ai rencontré Kevin Gony, aventurier niveau 2 sur l’échelle du LARP international, pour qu’il me parle de son expérience.

L’interview

Quelques mots sur toi. Qui es-tu ? Quel GNiste es-tu ?

Un GNiste assez récent en fait. J’ai commencé le GN de manière sporadique en 2004 en tant que scénariste, puis de manière plus régulière à la fois en tant que joueur et organisateur à partir de 2012-2013. Je suis passé du jeu de plateau au jeu de rôle sur table à l’adolescence avant de glisser sur les soirées-enquête et enfin les mass-larp dès 2013. Je crois que je me considère avant tout comme scénariste (je passe une bonne partie de mes temps libres à imaginer ou écrire des scénarios et/ou settings de GN) avant d’être joueur. Il m’a d’ailleurs fallu attendre de tester le GN hors de Belgique en tant que joueur pour y trouver plus que de l’amusement ou un hobby parmi d’autres (bien que la situation se soit grandement diversifiée – à mes yeux – dans notre plat pays depuis mes débuts grâce à quelques associations dynamiques). J’ai aussi évolué dans mes goûts de GNiste depuis 2004 : de “gamiste” (j’utilise le terme bien que je n’adhère pas à la théorie GNS) acharné à la résolution d’énigmes à amateur de GN medfan, je suis maintenant résolument tourné vers toutes formes d’expérimentations en termes de jeu, de décor, d’immersion, d’écriture, etc., – du free-form le plus libre au GN le plus formaté, du setting le plus humoristique au cadre le plus sérieux et psychologique – et je choisis soigneusement les GN auxquels je veux participer plutôt que de me jeter sur toute l’offre disponible.

Pourquoi avoir commencé à aller jouer à l’étranger dans des jeux internationaux ?

Tout le crédit de cette initiative revient à Anne Marchadier (pour ne pas la citer) qui m’a convaincu de participer avec elle et d’autres amis au GN Harem Son Saat en France (organisé par la brillante Muriel Algayres, sous l’égide de Roles). S’agissant d’un GN français partiellement joué en français, il n’entre pas totalement dans la catégorie de jeu international (en tout cas pour un joueur belge francophone), mais il avait pourtant cette particularité de se jouer à la fois en français et en anglais (par là-même, il avait ainsi attiré des joueurs venus notamment de Suède et d’Espagne). Non seulement ce GN a été un choc positif pour moi en termes de qualité d’écriture, de scénario, de mise en place, d’ambiance, etc. (largement au-dessus de tout ce que j’avais eu l’occasion de voir en Belgique auparavant), mais aussi au niveau de la qualité du casting (et donc du niveau des joueurs), ainsi que de la bienveillance de cette “communauté internationale”. Des premiers contacts noués lors de cette session de Harem Son Saat, j’ai ensuite pu découvrir une partie de l’offre internationale (notamment à travers leurs profils Facebook), où j’ai repéré plusieurs GN qui m’ont attiré. Depuis, je suis converti, et je ne joue plus que très rarement en Belgique.

Etait-ce difficile de franchir le pas ?

Si la décision est difficile à prendre, la plongée dans le bain se fait de manière très naturelle. À vrai dire, une fois sur place, il ne reste guère de choix que de communiquer avec les organisateurs, les autres joueurs, etc. Le jeu va avoir lieu, quoi qu’il arrive, et il faut en faire partie, donc on se lance en anglais. Après quelques heures, on finit même par penser ou rêver en anglais.

Avant de partir, et encore aujourd’hui, je ne me considérais pas comme bilingue. Disons que je parlais un anglais de cuisine. Une connaissance courante en International English (Globish)  est suffisante pour participer à ce type d’événement. Personne ne vous demande d’être anglophone comme un natif, et la communauté internationale se révèle extrêmement bienveillante en termes de connaissance linguistique. Aucun mépris n’est exprimé de la part de native speakers envers les joueurs qui parviennent à se faire comprendre. Au pire, vos défauts de langage peuvent mener à du jeu ou faire partie intégrante du profil de votre personnage. Dans la même veine, mieux vaut ne pas vous compliquer la tâche en choisissant d’interpréter un personne qui devra utiliser un vocabulaire soutenu (un diplomate par exemple) si vous ne vous sentez pas à l’aise avec votre maîtrise de la langue.

Si la communauté est tout d’abord inconnue, elle se découvre comme toute communauté. De même que sur une scène GN nationale, on retrouve de GN en GN les mêmes visages, les mêmes gens, avec lesquels on finit – ou pas – par développer des affinités. On y retrouve au final les mêmes codes et les mêmes dynamiques que dans tout groupe social restreint. Cet aspect n’a pas réellement été un frein pour moi qui voit dans le GN une opportunité de rencontrer de nouvelles personnes.

La plus grand difficulté a tout d’abord été le budget : les GN internationaux sont généralement plus chers d’accès (sans compter le trajet à payer). Quand on a un investissement de plus de 500€ dans une seule session de jeu, cela limite évidemment la taille de l’agenda de votre saison de GN. Pourtant, on réalise rapidement que le prix est justifié par les frais liés au lieu de jeu, au décor, à tout ce qui est fourni. On reçoit ce pourquoi on paye, et le budget ne fait donc que refléter le niveau de qualité qui est généralement celui de ces GN (bien que ce soit pas une vérité absolue). Attention, je ne dis pas par là que les GN internationaux sont “meilleurs” en termes absolus que les GN belges, mais ils proposent un autre type de service qui justifie souvent les budgets engagés dans la participation.

La scène internationale est-elle accessible à toutes et tous ?

Sans vouloir être rabat-joie : non. Pour une raison très simple : bien que le niveau en “anglais” nécessaire soit assez basique, il faut tout de même l’avoir et le pratiquer. Faute de quoi il sera tout simplement impossible de jouer.

Le coût est évidemment supérieur à l’offre présente en Belgique, et il faut ajouter à ce coût les frais de déplacement (car il n’y a pas encore eu de GN international en Belgique francophone jusqu’à présent). Le budget à prévoir est donc plus élevé (ou il faut – et c’est ce que je fais – diminuer le nombre de jeux par an). Sur le type de GN que je pratique, il faut prévoir au moins 200 à 250 euros d’inscription en moyenne (ce prix pouvant monter jusqu’à 700 euros, même si je ne suis pour ma part jamais monté au-delà de 500 euros de PAF pour un seul GN).

Au niveau du type de jeux proposés, l’accessibilité laisse parfois à désirer, car le nombre de jeux est limité pour le nombre de joueurs, et il peut arriver qu’un GN à 80 places ait 200 inscrits en moins de 5 minutes. Les places sont donc chères, hors le prix. Il faut reconnaître aussi que le jeu international n’est pas très porté sur le mass-larp (qui est plus souvent joué dans la langue locale, car très répandu et n’a pas besoin de s’ouvrir à l’extérieur), ce qui peut être limitatif pour des joueurs qui ne voudraient pas élargir leurs horizons en termes de types de jeu. Pour ma part, préférant des jeux plus immersifs (et je ne parle pas de baignoires), avec une expérience qui dépasse celle du camping entre amis entrecoupé de quelques scènes de jeu ou de baston, je trouve une offre assez large au niveau international pour que l’accessibilité ne soit pas trop un problème.

Il faut également prendre en compte des cultures de jeu différentes hors de nos frontières, et l’ouverture nécessaire pour s’adapter sans vouloir retrouver à tout prix les codes et habitudes du GN belge.

Tu as eu un calendrier international chargé en 2018. Tu nous en dit quelques mots ?

Je ne sais pas si on peut qualifier cette année de “chargée”, mais elle fut assez bien remplie. Tout d’abord, pour parler de calendrier “international”, je précise que je n’inclus dans cette catégorie que les GN joués partiellement ou totalement en anglais en tant que lingua franca entre joueurs d’origines variées (je ne prends donc pas en compte les GN joués en français en France ou en Belgique avec des joueurs français).

2018 a commencé sur les chapeaux de roue avec la 16e édition relentless (conditions dures) de Legion  –  Siberian Story en République tchèque (association : Rolling CZ), dans la peau de Jakub Dzurenko, jeune soldat de la Légion tchécoslovaque en 1918 en Sibérie. Ce fut une expérience physique forte (40h de marche sur 48h de jeu avec 15kg d’équipement sur le dos et un uniforme, 3h de repos sur un sol glacé, 30 cm de neige et du verglas en forêt, des dénivelés dans tous les sens, une température constante de -5 à -8°C, etc.) renforcée par la méconnaissance du terrain par des organisateurs qui avait dû changer de lieu 3 jours avant l’événement et ont surnommé cette édition particulière, le Hell’s Run.

Après quelques jeux en Belgique, retour à l’international en avril, en Suède pour Lotka-Volterra, un GN post-apocalyptique (association : Berättelsefrämjandet, et surtout le travail du génial Simon Svensson) dans un ancien bunker de l’armée suédoise, près d’Uppsala. En tant que seul joueur belge sur place (et presque sans connaître personne parmi les 200 autres participants), le dépaysement était total hors-jeu. Ce GN constitue sans doute ma meilleure expérience de jeu à ce jour et une immersion encore inégalée à mes yeux.

Après la Suède, détour par la France, avant de prendre la direction de l’Espagne en mai pour Walpurgis, un GN déconcertant (association : Somnia Organizacion) avec des dynamiques de jeu très libres dans un setting de couvent sataniste durant les années 1970 en mode Pool, Sex, Sun and Blood. Un jeu où j’ai tout d’abord eu beaucoup de mal à accepter l’absence totale de guideline ou de scénario et la liberté totale de créer le jeu avant d’entrer dans la dynamique de création commune avec les autres joueurs, et de partage bienveillant.

Moins d’un mois plus tard, fin juin, je suis parti en compagnie de plusieurs autres joueurs belges pour le nord des Pays-Bas afin de participer à Obscurus Cult (association : Obscurus), un GN qui nous invitait à expérimenter la vie d’une secte durant près de 5 jours. Cult a été un GN très fort en termes d’expérience sociale, bien qu’il ait été une très grande déception sur le plan personnel (manque de conflit interne pour mon personnage). Preuve s’il en est qu’il ne suffit pas qu’un GN soit international pour devenir une bonne expérience.

Une semaine plus tard, retour en Suède, cette fois du côté de Göteborg, pour le GN Where Androids Die, le troisième volet d’une trilogie organisée par l’association Atropos (avec la participation, à nouveau en meneurs, de Simon Svensson et de la brillante Siri Sandquist) autour du thème Blade Runner. Une très bonne expérience sur ce GN en plusieurs actes décrivant la fin des androïdes et leur extermination finale, la montée de l’intolérance pro-humaine, la facilité de création d’un bouc émissaire à éliminer, etc.

Ce n’est bien sûr pas fini puisqu’après une pause estivale, et deux détours en France (pour des GN en français) au début de l’automne, je me suis rendu dans le nord de l’Allemagne et en mer Baltique pour le GN Demeter (organisé par Sailing 4 Adventure) début novembre. Trois jours sur un voilier 19e siècle (ambiance victorienne gothique) pour revivre le trajet du navire conduisant Dracula de Transylvanie à Londres. Cette expérience promettait beaucoup, et elle est en effet inoubliable.

L’année prochaine sera, je l’espère, tout aussi remplie. Un GN en Italie (Desaparecidos) est d’ores et déjà programmé pour février ainsi qu’un passage au Danemark le même mois pour le grand rassemblement du GN nordique, le Knudepunkt. Petite pause internationale (mais bien remplie en France), avant une initiative belge, Ark2197 organisé par Tom Boeckx au nord du pays fin mars, avant l’Espagne en avril pour Berechtigter Zweifel. Mai a hélas vu l’annulation de D8 (par TurboLarp) en Pologne qui était à mon agenda, et il me faudra attendre juillet pour partir en Finlande au 1er run international d’Odysseus, un GN de science-fiction inspiré par Battlestar Galactica très prometteur. Un peu de légèreté fin août avec un passage par ConQuest of Mythodea en Allemagne, avant un retour en Espagne en septembre pour Countdown (par la dynamique association Not Only Larp), puis une nouvelle fois en octobre pour Conscience (de la même association), inspiré par Westworld. Il y en a bien d’autres en France (et même un peu en Belgique) au programme, et d’autres en prévision, mais je garde ça pour moi ;)

En quelques mots, que t’a apporté cette expérience ?

Cette expérience, ou plutôt ces expériences m’ont apporté non seulement une ouverture vers une communauté plus large que la scène GN belge francophone, une offre dans laquelle piocher beaucoup plus diversifiée, de nombreux contacts (proches ou moins), un regard plus averti et sans doute plus critique sur la scène belge. Surtout, j’en retire une connaissance plus large de ce qui se fait à l’extérieur, de toutes les techniques employées, de tous les regards différents sur le GN, loin des débats en vase clos d’une scène nationale (même si la scène internationale n’est pas exempte à son niveau de discussions stériles) par définition limitée. Enfin, il y a le voyage. Car une fois sur place, on ne se contente pas de jouer, on en profite pour visiter un peu la région.

Des souvenirs forts que tu voudrais partager avec nous ?

J’ai effectivement gardé des souvenirs assez forts de mes expériences à l’international. Je citais plus haut le GN Lotka-Volterra, qui s’est déroulé en Suède au mois d’avril. Nous étions donc enfermés dans un immense bunker, sans voir la lumière du jour, dans un monde légèrement futuriste où la surface de la terre était envahie par des aliens hostiles. Bien que nous n’ayons pas aperçu l’ombre d’un alien durant tout le jeu, l’ambiance de danger était palpable en permanence. Mes scènes les plus fortes sont sans doute les alarmes : lorsqu’un danger était détecté, le niveau d’alarme du bunker était augmenté, jusqu’à mise en alerte de tout le personnel et extinction des feux avant évacuation. J’ai passé de nombreuses minutes assis dans le noir complet, dans un silence presque total où chaque bruit pouvait représenter une menace, l’oreille à l’affût d’une annonce d’aggravation de l’alarme (auquel cas j’aurais dû me ruer vers mon poste assigné) ou de diminution. L’ambiance du jeu était telle que ces minutes m’ont parues interminables (je suis pourtant fort peu impressionnable en jeu, et les monstres en latex ne m’ont jamais fait peur).

Sur le même GN, une fois le jeu terminé, alors que j’errais dans les couloirs du bunker (les joueurs scandinaves sont très peu sociaux, à moins de les connaître depuis longtemps), mes pas m’ont ramené naturellement vers le post médical TI (j’incarnais un medic) en espérant y retrouver les gens avec qui j’avais joué durant 3 jours. Je suis arrivé là-bas en même temps qu’eux. Séparément, chacun de notre côté, nous avions tous eu la même idée. Nous avons occupé le local, sorti force victuailles (et surtout beaucoup d’alcool) et nous avons parlé dans cette pièce durant des heures. Je suis maintenant heureux quand je découvre que l’un d’entre eux est inscrit au même GN que moi, et je les retrouve avec plaisir (ou je discute avec eux via les réseaux sociaux). Ce n’est peut-être pas un souvenir très “fort”, mais la création de ce lien, de cette communauté forgée par le jeu m’a beaucoup marquée.

Il y en encore beaucoup d’autres, en fait, que ce soit dans l’extrême bienveillance partagée d’inconnu.e.s alors que nous devions assumer notre nudité réciproque pour une scène, le partage de la souffrance créée par l’incarnation de personnages aux antipodes de mes valeurs morales, la complicité rapidement créée entre deux personnages qui permet de mettre la scène “parfaite”, la satisfaction de découvrir le plus beau ciel étoilé de ma vie au milieu d’une forêt par une nuit glacée après avoir marché toute la journée dans la neige et la boue, etc. Je dois reconnaître que j’ai beaucoup plus de souvenirs forts de mes GN à l’international qu’en Belgique.

La Belgique : pas assez présente à l’international ?

Autant préciser tout de suite : la Belgique francophone n’est presque pas présente sur la scène internationale. La Belgique néerlandophone est encore loin des autres pays/groupes européens sur le sujet, mais la partie sud (et Bruxelles) du pays est clairement très en retard sur le sujet.

Si l’on exclut de gros mass-larps comme ConQuest, le nombre de joueurs belges (francophones) qui participent à des GN internationaux est excessivement réduit. Je pense que cela est dû principalement à deux grands facteurs : le grand écart (qui se réduit par certains aspects) entre l’offre et le type de jeux proposés en Belgique et leur pendant à l’international d’une part, et un caractère très casanier du joueur belge (je pourrais citer nombre d’entre eux qui ne se déplaceront pas pour un GN s’il se déroule à plus de 50km de leur ville d’origine, encore moins si c’est à l’étranger). Je pourrais citer un troisième facteur : la méconnaissance totale de ce qui se fait à l’extérieur de nos frontières. Voire parfois le refus basé sur l’idée qu’on ne fait pas mieux ailleurs…

Les conventions internationales (Smoke, KP, etc.) sont également un terrain où les GNistes belges jouent régulièrement les abonnés absents. Pourtant, c’est bien souvent là que se déroulent les discussions, les débats, les échanges d’idées, les expérimentations qui font évoluer le monde du GN et permettent le partage des expériences. La politique de la chaise vide ne paie pas, et la Belgique ne fait qu’accentuer un certain repli sur soi par son désintérêt des conventions.

Enfin, et c’est un gros point : aucun GN international n’est proposé en Belgique francophone. Tous les GN se déroulent en français et sont donc inaccessibles pour la très grande majorité des GNistes étrangers (je ne classe pas ici comme étrangers nos voisins du sud). Heureusement, à ce niveau, les mentalités sont lentement en train d’évoluer et des initiatives émergent pour faire aboutir des projets internationaux sur notre sol, qu’il s’agisse de la traduction de GN à succès qui se profile (e.g. It’s A Man’s World, originaire de Suède et joué pour la première fois en français en Belgique), ou de créations originales taillées pour un public international. Je pourrais citer le prochain GN sur lequel je planche directement en anglais avec l’espoir de le faire monter pour la seconde moitié de 2019 ou le premier semestre 2020 (mais chut, top secret pour l’instant…).

Des conseils pour celles et ceux qui hésitent à se lancer ?

Pour utiliser une citation néo-testamentaire (ou papale, selon vos références) : “N’ayez pas peur !” Il n’y a aucune raison de se restreindre à participer à des GN internationaux. Il ne faut pas s’y lancer simplement pour faire de l’international à tout prix, surtout si vous trouvez en Belgique les GN qui vous conviennent, mais si l’envie est présente et que l’offre est attirante, il ne faut pas hésiter à franchir le pas et à tenter l’expérience. Sans garantie, bien entendu.

Il y en a un peu plus. Je vous le laisse ?

Les bonnes idées à conserver

J’essaye de repérer les techniques d’écriture. A Lotka Volterra par exemple, niveau création de personnage, on crée le personnage dans une vraie relation entre joueur et organisateur (bien plus poussée que tout ce qui se fait en Belgique). On reçoit les infos de base et un petit paragraphe avec notre caractère et rapidement ce qu’on a vécu avant. Après, on a des champs à remplir qui sont laissés à la liberté du joueur. Les relations n’étaient pas importantes. On avait aussi un chat virtuel pour construire entre joueurs. Contrairement à ce qui se fait généralement en Belgique, l’équilibre au niveau de la création univers/personnage était parfait.

Anecdote : durant le jeu, on peut mettre sur un tableau TO des indications de jeu pour les autres joueurs.

Exemple : un personnage choqué par une scène indiquait sur un document que les autres joueurs remarquaient qu’il agissait bizarrement depuis telle scène.

Cela permet de fluidifier le jeu en permettant aux participants d’auto-gérer la dynamique de jeu sans que l’orga ne doive intervenir directement.

Le kiff

Ce que j’aime dans la plupart des GN internationaux, c’est la grande transparence. Tout savoir permet de mieux construire et réagir en fonction des besoins. Cela risque de ne pas marcher en Belgique dont une grande partie du public est plus « gamiste » et où le joueur a plutôt tendance à vouloir être le héros de sa propre histoire.

Besoin d’aide pour franchir le cap ?

On l’a vu à travers cette interview, il n’est pas toujours simple de franchir le cap de l’international. Il existe certains freins notamment financiers ou  simplement de réseau pour ne pas partir seul.

Pour vous aider dans cette aventure, la fédération belge a mis en place la Cellule Internationale. Le principe de cette cellule est de mettre en réseau les joueuses et joueurs partant régulièrement à l’international. Le projet propose également de coordonner des voyages vers des conventions internationales et de participer aux frais d’inscription/de voyage de celles-ci en échange d’un retour sur l’expérience. Pour avoir plus d’informations concernant ce projet, il suffit de contacter la fédération par mail à info@larp.be.

Crédits

Tous les crédits photos sont intégrés dans les légendes de celles-ci.

Photo d’illustration (recadrée pour éviter la déformation) :

GN/LARP : Nous n’irons plus danser. Run 3 (FR)
Organizer : Role Assoc.
21.04.2018
Perso/Character : [Non disclosed]
Costum : [Kevin Gony]
Photo by : Joram

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